La rédaction vous recommande :












Écoutez cet article en version audio grâce à notre lecteur intégré. Pratique pour vous informer en déplacement ou pendant vos activités.
Après avoir affiché une santé éclatante au plus fort de la crise Covid, l’immobilier donne des signes de faiblesse quant à la vigueur des transactions et à l’évolution des prix. Rien d’alarmant puisque cela évite toute surtension qui risquerait de mettre à mal la bonne forme du marché durablement.
Il y a des étés chaud et lumineux d’autres plus froids et pluvieux. C’est plutôt à cette deuxième catégorie qu’appartient la période estivale qui vient de s’écouler et ce climat quelque peu déprimant a aussi affecté l’activité immobilière. La baisse de volume a ainsi touché 32 % de nos correspondants contre 6 % deux mois plus tôt et le nombre de ceux ayant observé une amélioration est deux fois moindre. Même en tenant compte de l’effet vacances ces chiffres interpellent d’autant plus que l’an passé, à même époque, on assistait à une forte croissance du nombre des compromis. La rentrée ne s’annonce pas sous de meilleures auspices puisque, pour les deux mois à venir, les optimistes ne sont plus que 12 % contre 27 % en juin et la proportion des pessimistes passe de 15 % à 27% avec pour résultat une chute du solde des opinions qui descend de +0,12 à -0,15.
Ce retournement de tendance pronostiqué dès le mois de juin par nombre de nos négociateurs semble lié essentiellement à un tassement de la demande. L’engouement des particuliers pour quitter les grandes cités et s’installer dans les villes moyennes, commence à trouver ses limites après une année d’effervescence portée par le développement du télétravail. Ceci étant, nos négociateurs ne peuvent que se féliciter des résultats obtenus durant ces douze derniers mois, puisque globalement suivant l’INSEE, le nombre de ventes immobilières soumises aux droits de mutation et comprenant notamment les terrains s’élevait à 1.581.000 à la fin juin 2021 dont 1.130.000 pour les logements anciens, chiffres dépassant de loin tous les sommets précédents.
Ce ralentissement de l’activité s’accompagne aussi d’une modification de la tendance sur les prix. Tout en restant important, le nombre d’études notariales enregistrant des augmentations de prix commence à marquer le pas. Sur l’ensemble du territoire et suivant l’indice Notaires-INSEE cette augmentation a été proche de 5% pour ces douze derniers mois mais avec une inversion de tendance entre communes rurales et villes moyennes d’une part (+6%) et grandes métropoles dont certaines, a commencé par Paris (-1,5%) enregistrent des baisses sensibles. Cette modification de tendance s’illustre notamment à ANGERS, ville qui a connu une forte augmentation des prix (+7,4%) où suivant un négociateur local "les prix sont encore fourchette haute mais ne semblent plus augmenter avec des parisiens moins présents !".
Pour octobre, la proportion de nos correspondants prévoyant la poursuite de la hausse passe de 49% à 21% tandis que celle prévoyant leur stabilité s’élève de 49% à 75%. Pour les terrains ces chiffres évoluent peu, un tiers d’entre eux prévoyant une hausse et deux tiers leur maintien au niveau antérieur, proportions équivalentes pour les commerces après une forte remontée du solde des opinions.
L’instauration du passe sanitaire comme mesure coercitive contre le développement du Covid ne semble pas avoir eu d’impact sur le moral des français et leur confiance en l’avenir. Cela se ressent aussi sur les prévisions d’évolution à plus long terme du marché immobilier, la part des conseils à l’achat suivi d’une revente remontant de 33 % à 47 % pour le logement alors qu’elle reste stable à 49% pour les terrains. Cela suggère que les déséquilibres entre offre et demande de logements observés dans les grandes métropoles devraient prendre fin, le marché s’orientant alors vers une stabilité des prix.
En dépit de l’annonce d’une quatrième vague de Covid, l’économie française ressort en forme d’un été peu clément. L’INSEE anticipe maintenant une croissance de 6,25% pour l’année 2021 après une chute de 8 % en 2020. La reprise ramène l’activité à un niveau très proche de l’avant-crise même si les livraisons de matières premières et de composants électroniques font une ombre à ce tableau rassurant. Ce qui conduit la Bourse à conserver sa tendance haussière, le CAC 40 évoluant entre 6 700 et 6 800 depuis le début septembre.
Enquête réalisée en septembre 2021 auprès d’un panel de notaires et négociateurs répartis sur toute la France.









