Les milliardaires ont pour réputation de détenir de superbes propriétés. Mais y a t-il un rapport entre la taille de leurs maisons et les performances de leurs entreprises. Des chercheurs américains ont démontré qu’il y avait un lien évident entre ces deux variables. Cependant les plus riches de nos bretons semblent y échapper.
Dans le dernier top mondial des 500 plus grandes fortunes publié par le magazine américain Forbes, seuls deux bretons émergent : François Pinault né aux Champs-Géraux dans les Côtes d’Armor qui passe de la 76ème place à la 34ème et Vincent Bolloré originaire des rives de l’Odet qui rétrograde de 7 places en étant classé 458ème. Le premier serait l’ami du Président Chirac et le second celui du Président Sarkozy; on ne prête qu’aux riches dit le proverbe ! Yves Rocher, autre célèbre Breton n’y figure pas alors qu’il est présent dans celui des milliardaires français de la revue Challenges.
Parallèlement, deux chercheurs américains ont eu la curiosité de comparer la taille des maisons des grands patrons américains et les performances boursières de leurs sociétés2. Très scientifiquement ils ont aboutit à la relation que plus la maison était grande, moins l’action augmentait rapidement. L’exemple le plus célèbre est celui de Bill Gates, fondateur de Microsoft, plus grosse fortune mondiale avec 56 milliards de dollars. A la fin des années 90 il a emménagé dans une demeure futuriste de 4 600 mètres carrés. Depuis cette époque l’action Microsoft se traîne. L’une des explications possibles au lien apparemment incongru entre la taille de leurs maisons et les performances boursières de leurs entreprises serait que les patrons croient plus à l’immobilier qu’à la Bourse.
Appliqué à nos deux milliardaires ce résultat laisserait supposer que la propriété de Vincent Bolloré est beaucoup plus importante que celle de François Pinault dont les actions (et donc la valeur de son patrimoine) croissent beaucoup plus rapidement. Or, le premier se retrouve avec les siens au manoir d’Ergué-Gabéric, depuis des lustres fief de la famille, demeure dont la taille n’a rien d’exceptionnelle et le second a préféré dépenser sans compter pour faire du stade rennais une grande équipe de foot puis participer au reboisement de la forêt de Brocéliande après l’incendie de 1999 plutôt que d’édifier des palais2. Il est vrai qu’il a acquis le Palazzo Grassi à Venise, mais c’était pour y exposer ses collections et non pour y résider.
Ce qui laisse à penser que contrairement à leurs homologues d’outre-atlantique, les milliardaires bretons ne s’intéressent que très modérément à l’immobilier, ce dont ils doivent se féliciter vue la tendance baissière de ce marché confirmée par cette 5ème enquête auprès des notaires de la région.
Evolution prévisionnelle de l'activité
La légère embellie que laissait entrevoir nos précédentes enquêtes ne s’est pas concrétisée dans les faits. Comme le déplore Me CARADEC dans les Côtes d’Armor, « Il rentre beaucoup de biens mais il y a peu d’acheteurs ». Tout le monde espère un redémarrage rapide, et en l’étude de Mes POCHAT et COMPAROT dans le Morbihan on ressent « quelques frémissements de reprise mais une attitude encore attentiste ». Cela ne suffit pas à rassurer les négociateurs et les prévisions pour cet été demeurent encore en retrait par rapport aux résultats obtenus ces deux derniers mois.
Ainsi, 41% de nos correspondants prévoient une baisse d’activité pour les deux mois à venir contre 32% fin avril et 21% une hausse contre 26% deux mois plus tôt.
Prévisions d?évolution des prix
Pour cette nouvelle enquête sur les perspectives d’évolution des prix durant les tous prochains mois, les hésitations sont nombreuses. Pour le logement, nos correspondants ont quelques scrupules à se prononcer car le climat des affaires ne se prête pas particulièrement à établir une tendance avisée. C’est ainsi qu’à Rennes, le négociateur de l’Étude de Me DAVID est persuadé que : « Tant que les prix n’ont pas baissé on va ramer ». Mais il ajoute : « Par contre les immeubles des années 60 ayant baissé, se vendent ».
Graphiquement on observe une amélioration de la tendance sur les prix des logements et une légère détérioration de celui des terrains. Dans le premier cas 35% de nos correspondants, contre 17% ayant une opinion inverse, considèrent que les prix devraient baisser. Mais pour les terrains les proportions sont de 28% en faveur d’une baisse et 56% pour une hausse des prix.
A Herbignac en Loire-Atlantique cette situation est ainsi résumée par le négociateur de Me MARTIN : « Le marché immobilier semble se relancer en juin. La demande sur le foncier est très importante, l’offre rare et donc chère. Sur les maisons l’offre est large mais les prix semblent encore se maintenir ».
Les conseils des notaires
Pour les logements, on observe un écart sensible entre les conseils prodigués pour les zones littorales et ceux concernant l’intérieur du pays. Dans le premier cas, la revente après l’achat est fréquemment suggérée alors que la vente d’un bien avant le rachat d’un autre apparaît la meilleure solution dans les villes situées plus à l’intérieur. Globalement on arrive à une répartition comparable à la précédente avec cependant une augmentation importante des conseils d’attente qui passent de 6% à 15 %. Cette augmentation est une manifestation de l’incertitude qui pèse sur le marché des logements où le nombre de transactions est en forte diminution.
Au niveau des terrains, le conseil est plus aisé, car l’offre demeure très restreinte. 79% des réponses sont orientées à l’achat, car il est relativement rare de trouver le bien recherché et qu’il s’agit alors de ne pas manquer l’occasion, fusse à un prix élevé.
Evolution de l'environnement économique
À l’approche de l’été, les marchés sont devenus nerveux. La raison essentielle en est la crainte d’une reprise de l’inflation après les hausses spectaculaires du prix des métaux et des matières premières. On redoute en effet que par un jeu de dominos la croissance alimente les tendances inflationnistes des pays asiatiques et ne se répercutent sur les Etats-Unis et l’Europe. Pour s’en protéger, les Banques Centrales augmentent leurs taux d’intérêts, ce qui a pour conséquence de relever le taux des crédits et notamment ceux des prêts immobiliers.
1 Voir l’article de Eric Leser dans le journal Le Monde du 18 avril 2007
2 Voir l'article de Patrick Laurent sur le site www.bzh-lu.com



