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Depuis 2003, les citoyens de l’Union Européenne peuvent s’installer en France sans carte de séjour. En profitent en tout premier lieu les habitants des pays frontaliers avec, par nombre décroissant de ressortissants, la Suisse, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne. Mais, c’est le Royaume-Uni séparé de nous par la mer, qui apparaît le pays le plus envahissant au point que Le Figaro n’hésitait pas à titrer récemment : "Les Britanniques à la conquête de la France". Cette invasion s’effectuerait essentiellement dans le Grand Ouest qui recouvre peu ou prou l’ancien royaume des Plantagenêts comme aime à le rappeler Le Monde , et va de l’Aquitaine à la Normandie en passant par la région Poitou-Charente, les Pays de Loire et la Bretagne.
Il faut relativiser les chiffres publiés par la presse (voir tableau). En 2005, il n’y avait que 128 000 résidents britanniques en France métropolitaine sur une population totale de 60 millions d’habitants et le nombre de résidences secondaires appartenant à des ressortissants du Royaume-Uni ne dépassait pas le chiffre de 58 000 qu’il faut compléter par celui des anglais y détenant uniquement leur résidence principale. Or, il ressort des études de l’Insee que pour 2004, toute nationalité confondue, la part des achats de résidences secondaires par des résidents étrangers est à peine inférieure à celle des non-résidents, 47 % contre 53 %. En appliquant cette proportion et en retenant que chaque habitation abrite en moyenne deux personnes , on obtient pour la Bretagne un total de 9 500 propriétaires britanniques possédant 1 ou 2 maisons dont 4 000 résident en Angleterre et 5 500 en France. Comme le pays compte 1 650 000 logements, cela paraît fort loin de l’envahissement. Mais la Bretagne a le privilège d’être la région favorite des Anglais puisqu’elle arrive en tête du classement, et cela contrairement à des idées reçues qui font de l’Aquitaine avec la Dordogne le lieu de prédilection des sujets de sa gracieuse majesté.
Mais les uns reprochent parfois aux Anglais de vivre entre eux, de parler fort mal le français et de faire monter les prix de l’immobilier alors que d’autres se félicitent de leur présence qui permet notamment de rouvrir des écoles dans des villages plus ou moins abandonnés. Une analyse plus approfondie des avantages et inconvénients de la cohabitation entre les communautés françaises et anglaises fera l’objet d’un prochain développement.
En attendant, l’enquête réalisée auprès de notre panel régional ne révèle pas d’influence de leur présence sur l’évolution du marché.
1 Le Figaro du 29/04/2006
2 Le Monde du 21/07/2007
3 Les proportions exactes sont pour la Bretagne : 1,650 million d’habitations abritent 2,985 millions d’habitants, soit 1,81 personne par logement
La période estivale a été bien maussade pour l’activité des négociateurs et comme le montre, à l’évidence, le graphique n°1, il ne semble pas que l’automne soit plus brillant. Chez Me MALEFANT, à Douarnenez, on note d’ailleurs "un très net ralentissement dans les transactions immobilières. Seuls les petits prix (110 à 140 000 euros) restent demandés".
Pour les mois qui viennent, dans une autre étude de Loire-Atlantique, on observe que "Le contexte économique n’est pas réjouissant, les taux d’intérêts sont élevés et l’activité médiocre depuis les élections". Sans trop y croire, apparemment, on espère "une relance en septembre, sinon ce sera la plus mauvaise année depuis cinq ans…". Globalement, 53 % des services négociations prévoient encore une baisse d’activité contre 41 % au début de l’été, et 8 % une hausse contre 21 % deux mois plus tôt.
Là aussi, les résultats graphiques sont sans appel. Tant pour les terrains que pour les logements, les courbes plongent dans le négatif, révélant des perspectives pessimistes pour la majorité de notre panel. Pour le logement, les réponses à notre enquête sont d’ailleurs parfaitement claires. Plus personne ne croit à une hausse des prix. Au mieux, on espère qu’ils se stabiliseront.
En Ille-et-Vilaine, chez Me NICOLAZO, on a d’ailleurs constaté "une baisse sensible du prix des maisons et beaucoup de reventes avec crédit relais qui commencent à peser lourd coté vendeur". Parallèlement, à Muzillac dans le Morbihan, en l’étude de Me TEXIER-GUILLAUME, on observe : "Pour le moment, le marché est stable. On sent toutefois une tendance à la stabilisation pour le prix des maisons, mais toujours à la baisse pour le prix des terrains".
En matière de logement, on observe toujours un écart sensible entre les conseils prodigués pour les zones littorales, où le phénomène de rareté peut jouer, et ceux concernant l’intérieur du pays.
Dans le premier cas, la revente après l’achat est parfois suggérée (21 % des notaires interrogés) alors que la vente d’un bien avant le rachat d’un autre (71 %) apparaît systématiquement la meilleure solution dans les régions situées plus à l’intérieur.
Au niveau des terrains, le conseil devient beaucoup plus difficile. Il y a même pratiquement égalité entre les tenants de l’achat et ceux de la vente. La baisse du nombre de mises en chantier, tout comme les difficultés que commencent à éprouver les promoteurs à vendre leur programme ne sont probablement pas étrangers à la forte augmentation des conseils de vente.
Finalement, ce ne sont pas les craintes sur la reprise de l’inflation qui ont perturbé les marchés cet été, mais la découverte que les banquiers américains avaient réalisé des milliers de crédits immobiliers à des emprunteurs peu solvables et que, pour ce faire, ils avaient eux-mêmes emprunté aux banques européennes.
Les encours de ces crédits appelés subprime, atteignant 1 300 milliards de dollars et 25 établissements américains ayant déjà déposé leurs bilans, une crise importante s’est développée sur toutes les places financières, qui s’est traduite par une restriction immédiate de tous les crédits. Sans vouloir jouer les Cassandre, force est de constater, même s’il est impossible pour le moment d’en mesurer tous les effets, que les conséquences de cette méfiance à l’égard du crédit ne peuvent être que très négatives pour le marché immobilier.
Bordeaux, le 14 septembre 2007









