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T M I : La Bretagne des Britanniques

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Parmi les étrangers d’origine européenne résidant en France, les Britanniques ne se classent qu’en quatrième position1. Mais curieusement, leur activité fait l’objet de nombreuses enquêtes de la part des institutions régionales2, particulièrement dans les régions atlantiques où leur implantation demeure majoritaire parmi les immigrés.

 

La Bretagne détient l’un des plus importants parcs immobiliers régionaux appartenant à des Britanniques, soit 11 100 logements. Cependant, un peu moins d’un tiers de ces logements (3 600 soit 0,22 % du parc breton) appartient à des Anglais en ayant fait leur résidence principale. Les autres sont des résidences secondaires d’habitants du Royaume-Uni (4 000) ou de Britanniques résidant à Paris ou autre part en France (3 600).

Qui sont-ils ?
Ils sont arrivés en deux vagues. Dans la première, celle des années 90, la tendance était au rachat de vieilles maisons, souvent en ruine, qu’ils rénovaient et utilisaient en résidence secondaire. Depuis 2000, la nouvelle vague de britanniques semble avoir une mentalité différente. Ce sont des couples de plus en plus jeunes, souvent originaires du Sud-Ouest de l’Angleterre. Ils s’installent en majorité dans les espaces ruraux. Ceux qui achètent une maison secondaire ont souvent le désir de s’y installer définitivement à moyen terme "au moment de leur retraite ou lorsque les conditions financières seront réunies". Ils ont choisi la France pour le prix de l’immobilier, le soleil, la qualité de vie et la proximité avec l’Angleterre.

Que font-ils ?
Ils sont très entrepreneurs, n’hésitant pas à se lancer dans la création d’entreprise, à changer de projet. La plupart de ceux qui travaillent, soit une bonne moitié, sont artisans, exercent fréquemment un métier lié au bâtiment ou à l’entretien des jardins ou sont propriétaires de Bars Restaurants ou encore de Chambres d’hôtes. On les retrouve aussi dans les services éducatifs et sociaux. Le département des Côtes-d’Armor comptait ainsi 58 artisans et 73 commerçants en 2004.

Les Britanniques achètent souvent leur maison dans un lieu où des proches se sont installés. Leur pratique du français diffère suivant leur âge, leur niveau socio-culturel et leur activité. D’une manière générale, ils ont envie d’avoir des relations avec leurs voisins français et même de participer à une vie collective. Pour autant, ils acquièrent rarement la nationalité française.


Impact sur les prix de l’immobilier
Les Britanniques, en rachetant à l’intérieur des terres des maisons en mauvais état dont personne ne voulait, ont souvent redonné vie à un marché immobilier local quelque peu délaissé. Ce faisant, on leur a reproché d’être à l’origine d’une inflation sur les prix. Cela paraît largement surestimé. Ainsi, le département des Côtes-d’Armor, qui compte le plus grand nombre de Britanniques, est celui où le prix des maisons a le moins augmenté.
Il est donc évident que les quelques milliers d’habitations qu’ils détiennent ne peuvent avoir d’influence sur l’évolution des prix d’un parc immobilier breton de plus de 1,5 million de logements et, par conséquent, sur les réponses de notre panel de notaires à cette nouvelle enquête sur la tendance du marché.

 

Tableau n°1 : Principales régions d?implantation des Britanniques
Tableau n°1 : Principales régions d?implantation des Britanniques

Evolution prévisionnelle de l'activité

Graphique n° 1
Graphique n° 1

 

 

À l’approche des fêtes de fin d’année, le moral remonte, tant dans les études que dans les services de négociation. Mais cependant, l’ambiance générale demeure assez maussade, ce qui traduit le solde négatif des opinions de notre panel. Comme le note avec humour Me PIRAULT à Cesson-Martigné, "Avant, les clients avaient peur de ne pas avoir, maintenant ils ont peur de se faire avoir, d’où le ralentissement du marché ".

 

Prévision d'évolution des prix

Graphique n° 2
Graphique n° 2

 

 

Peu de changement par rapport à notre précédente enquête. Les prévisions sur les prix des logements demeurent toujours aussi négatives, une grande majorité de notre panel (62 %) prévoyant une contraction des prix. Pour Me CORLAY à Lesneven, c’est le niveau de la baisse qui est en jeu : "La négociation va devenir difficile, aussi bien dans le cadre du volume de vente qu’au niveau de la baisse des prix".
Par contre, les prévisions sur les prix des terrains demeurent bonnes : seulement 5 % des participants à notre panel prévoient une baisse contre 25 % une hausse.

 

Les conseils des notaires

En matière de logement, on observe toujours un écart sensible entre les conseils prodigués pour les zones littorales, où le phénomène de rareté peut jouer, et ceux concernant l’intérieur du pays. Dans le premier cas, la revente après l’achat est parfois suggérée (19 %) alors que la vente d’un bien avant le rachat d’un autre (76 %) apparaît systématiquement la meilleure solution dans les régions situées plus à l’intérieur.
Au niveau des terrains, on est revenu en octobre à des conseils plus en phase avec une pression toujours sensible sur les prix. Même si les promoteurs ont de plus en plus de difficulté pour écouler rapidement leurs stocks et sont donc moins à l’affût de nouveaux emplacements, il reste quantité d’acquéreurs qui, trouvant toujours les prix des logements trop élevés, cherchent un terrain pour y construire leur pavillon.

 

Graphique n°3
Graphique n°3

Evolution de l'environnement économique

Les mauvaises nouvelles se multiplient : hausse du prix du pétrole, des céréales et des produits laitiers, hausse de l’euro par rapport au dollar, inflation menaçante aux États-Unis comme en Europe et tension sur les taux d’intérêts. Elles rendent la bourse très nerveuse mais ne semblent pas empêcher les entreprises d’améliorer leurs profits, ce qui malgré tout est réconfortant. La croissance économique ayant rebondi à 0,7 % au 3e trimestre, notre ministre des Finances croit ainsi pouvoir tenir l’objectif de 2 % pour l’année 2007.

 

1 En 2005 l’Insee recensait la présence en France de 492 000 Portuguais, 178 000 Italiens, 135 000 Espagnols, 128 000 Britanniques et 90 000 Allemands.

2 "Étude sur l’impact socio-économique de l’arrivée des ressortissants britanniques en Côtes-d’Armor" (CCI des Côtes-d’Armor, juillet 2004) ; "L’investissement immobilier des Britanniques en Basse-Normandie" (DRE, juin 2005) ; "L’installation des Britanniques en France et en Poitou-Charentes" (Comité Régional du Tourisme, mars 2006) ; "L’entreprenariat britannique dans la Vienne" (CCI de la Vienne, 2006) ; "Atlas des immigrés en Bretagne" (Insee-Bretagne, avril 2004).