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Avec des valeurs qui lui ont permis d'afficher de jolis records en 2021, l'immobilier semblait bien décidé à maintenir ses positions en 2022. Cependant, quelques imprévus viennent perturber le marché qui doit revoir ses prétentions à la baisse en termes de volumes et de prix.
Les effets du virus Covid et de ses variants paraissant se diluer, chacun se réjouissait d’un retour à une vie plus normale, sans masque et sans pass sanitaire. Et puis, patatras la Russie déclare la guerre à l’Ukraine le 24 février 2022. Car même si Vladimir Poutine a préféré utiliser le vocable "opération militaire spéciale", les juristes assurent que la convention de Genève élaborée le 12 août 1949, mondialement ratifiée, s’applique de plein droit. Ses textes interdisent notamment de tirer sur des civils, de torturer et d’infliger des traitements inhumains, d’attaquer des hôpitaux et des humanitaires ou encore d’empêcher les civils de fuir. Ne pouvant deviner l’issue de ce conflit, personne n’est encore en mesure d’en évaluer réellement ses conséquences, en particulier sur le marché immobilier. Néanmoins les négociateurs qui participent à notre enquête prévoient, même à très court terme, une contraction de leur activité. Ils sont maintenant 42 % contre 31 % il y a deux mois à craindre une diminution des transactions sur leur marché et 10 % contre 22 % à prévoir sa hausse. Ce qui graphiquement fait replonger la courbe du solde des opinions.
Ces incertitudes sur l’avenir, notamment au niveau de l’inflation résultant de l’augmentation du prix de l’énergie et de certains produits de première nécessité comme le blé dont les deux pays belligérants sont de très gros producteurs, induisent une tension sur les taux d’intérêt. Celle-ci entraînera naturellement une baisse des prix immobiliers. C’est ainsi que la proportion de nos correspondants à prévoir une baisse des prix des logements atteint maintenant 29 % contre 13 % anticipant une hausse. Pour les terrains, ces chiffres sont moins contrastés avec 13 % prévoyant une baisse des prix contre 19 % leur hausse et les deux tiers d’entre eux pour la stabilité. Quant à l’évolution du prix des commerces, le solde des opinions poursuit sa chute avec 46 % d’opinions négatives.
À plus long terme, les incertitudes sur la durée du conflit et ses conséquences inflationnistes conduisent naturellement à beaucoup de prudence. Aussi n’est-on pas surpris du changement assez radical de l’orientation des conseils. Pour les logements, les trois quarts des réponses redeviennent favorables à la vente. En période de crise, mieux vaut être sûr de pouvoir vendre son bien avant d’en acquérir un autre. Pour les terrains, les avis sont beaucoup plus nuancés. La répartition entre partisans de la vente en premier, 47 % ou de son achat 46 %, est presque équilibrée. L’achat d’un terrain à bâtir en période de crise peut en effet se révéler un excellent investissement en cas de forte inflation.
Cette guerre a pour effet de bouleverser dès à présent les équilibres économiques entre les pays. En outre, la hausse des prix atteint maintenant 8 % aux États-Unis et dépasse les 6 % en zone euro. Pour les ménages et les entreprises, emprunter commence donc à coûter un peu plus cher. Mais suivant le président des États-Unis, Poutine a d'ores et déjà perdu la partie. Ce qui peut apaiser les craintes d’un conflit s’étendant à l’ensemble des nations.









