L'étau du crédit...
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T M I : L'étau du crédit qui se resserre sur la pierre !

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Alors que le crédit contribuait à accélérer le volume des transactions, la hausse des taux d’intérêt vient réduire le rythme de croisière de la pierre. Un carburant financier qui affecte la bonne marche de l’immobilier, au point de mettre en panne des accords de prêts… Découvrons le diagnostic des notaires.

Tendance concernant l'activité

La légère remontée de l’activité en juin n’empêche pas une certaine morosité pour les deux mois à venir.
La légère remontée de l’activité en juin n’empêche pas une certaine morosité pour les deux mois à venir.

Tandis que le Tour de France affole ses supporters et ravis les téléspectateurs du monde occidental, la sècheresse s’accentue tout comme l’inflation et les taux d’intérêts. Suivant la Banque Centrale Européenne ces derniers devraient atteindre 3% avant la fin de l’année, soit le double de ce qu’ils sont actuellement. En outre, les conditions d’accès au crédit se durcissant le nombre des transactions immobilières se ralenti au grand dam de nos négociateurs. Alors qu’en début d’année, sur l’ensemble du territoire en cumulé sur 12 mois ce nombre dépassait les 1,20 millions, il n’atteignait plus que 1,18 millions à fin mai, soit 20 000 de moins.

Après le coup de frein enregistré en avril et en dépit d’une légère remontée en juin, plus de la moitié de nos correspondants considèrent que leur activité est maintenant en déclin contre 8% qu’elle peut encore progressé et 40% qu’elle devrait rester stable cet été. Mais comme le précise Laurent ARDITTI à Buxy en Bourgogne: « La situation fluctue énormément et il est difficile de faire un photo du marché local. Nous évoluons au jour le jour en fonction des scrutins, de l'évolution des taux d'intérêts, du comportement des banques... »

Tendance concernant les prix

Le nombre des négociateurs qui prévoient une baisse des prix est en augmentation constante.
Le nombre des négociateurs qui prévoient une baisse des prix est en augmentation constante.

Non seulement les prix se sont assagis ce printemps, avec un équilibre entre ceux de nos correspondants qui ont observé une hausse et ceux qui ont enregistré une baisse, mais à l’approche de l’été ces derniers l’emportent largement. Au niveau du logement 43% de nos correspondants anticipent une baisse sur les deux prochains mois contre 9% une hausse. Pour les terrains, les proportions sont respectivement de 33% et 10%. Il n’y a qu’au niveau des commerces où l’on reste dans les mêmes eaux que précédemment.

Suivant l’Insee, pour acheter le même logement « toutes choses égales par ailleurs », un primo accédant doit actuellement s’endetter sur 22 ans contre 15 ans en 2000. D’où l’importance des conditions d’accès au crédit et la tendance à faire baisser les prix de cette catégorie d’acheteur.

Le conseil des notaires

En ce qui concerne les logements les conseils sont un peu plus partagés que lors de notre précédente enquête. Les partisans de la vente en premier sont moins nombreux, 62% au lieu de 72%, l’écart de 10% étant mis en position d’attente. Ce qui signifie que ces conseillers sont un peu plus optimistes sur l’avenir et en particulier sur l’issue du conflit entre Russes et Ukrainiens qui plombe notre économie. Peut-être ont-ils été influencés en cela par les dernières nouvelles du « front », les Russes semblant disposé à permettre l’expédition des stocks de blé par la mer Noire à destination des pays africains. Ce premier pas pourrait être le signal d’un arrêt plus rapide que prévu du conflit actuel. Ce qui serait une bonne nouvelle pour l’inflation et la diminution des taux d’intérêts. Pour ce qui est des terrains, peu d’évolution des positions, les conseils sur la vente recueillant à peine plus de la moitié des suffrages.

Évolution de l'environnement économique

Suivant le dernier baromètre Challenges-Opinionway, les ménages dépriment mais les patrons un peu moins. La croissance flanche, conséquence directe du niveau historiquement haut de l’inflation. Les prix ont ainsi augmenté de 5,8% sur les six derniers mois, du jamais vu depuis les années 80. Mais la France devrait échapper à une récession, avec une croissance molle de l’ordre de 0,7% en rythme annuel.

 

Bernard THION
Bordeaux, le 15 juillet 2022